Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Défense des Droits de l'Homme au Pays Basque

Publicité

Décembre 2014/12 - Chronique de l’Euskara

La République en danger à Ustaritz

 

Aux armes, citoyens ! Le sous-préfet de Bayonne et le préfet de Pau sonnent la charge. En effet, le jeudi 26 juin, la nouvelle municipalité franchissant la ligne Maginot de l’article 2 de la Constitution française stipulant, depuis le 23 juin 1992, que « La langue de la République est le français »,  annonce que, sans débat houleux, le point n° 7 de l’ordre du jour voté par 22 voix pour, 4 voix contre et 3 abstentions, le basque devient, dorénavant, langue officielle dans la capitale du Labourd.

Aux armes, citoyens ! La réponse de l’administration française ne se fait pas attendre, la Grosse Bertha type M sortie des usines de Gustav Krupp von Bohlen und Halbach (en cette année du centenaire de la guerre de 14-18, c’est normal) se met en action et met fin, sans autre ménagement, à la fronde de cette municipalité aussi audacieuse qu’irrespectueuse.

 

 

Ouverture d’une ikastola à Briscous

 

La demande émanait de quelques parents bascophones, désireux d'une immersion en langue basque pour leurs enfants. Elle avait  été formulée auprès de la précédente mandature qui, après d'âpres débats internes, y avait  répondu favorablement. Pierre DIRATCHETTE, l'ancien maire, avait soutenu le projet en accordant, moyennant un loyer, un terrain communal situé en centre-bourg, non loin de l'école publique IKAS-BIDE, de l'école libre Saint-Vincent (ces deux écoles ayant des heures d'enseignement en basque) et des locaux de la cantine.

Au cours de la campagne électorale on avait pu noter des réticences (voire quelques oppositions au sein de la population) mais, somme toute, rien de vraiment conflictuel.

Subitement intervient le frein du préfet qui juge illégale la location d'un terrain communal à des fins privées. Il dépose un référé auprès du tribunal administratif. Toutefois vers la fin mars (avant les élections), au cours d'une réunion publique on apprend par P. DIRATCHETTE que le préfet retirera le référé auprès du tribunal administratif ! Stupeur… et tremblements, tant qu’il n'y aura pas de document officiel. Celui-ci arrive au cours de l'été et les travaux sur le terrain commencent.

Déjà huit enfants (3 niveaux de maternelle) sont accueillis dans un préfabriqué installé sur un terrain appartenant à un parent, à Briscous.

Les travaux d'aménagement (nettoyage de la friche, pose des gaines, des drains ... installation des sanitaires dans un petit local existant sur le terrain, des carrelages..) ont démarré début octobre, et viennent de s’achever  (enrobé, clôture, portail …). Le bungalow est acheminé et réinstallé. Tout est prêt pour y accueillir confortablement les enfants, leur andereño et l'ATSEM (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) qui l'aide, ce lundi matin, 3 novembre. L'adjointe aux affaires sociales (culture ET langue basque) passe pour les saluer pendant la récréation. Les enfants sont heureux, l’andereño ravie. L’adjointe souhaite que ces enfants puissent venir déjeuner dans la cantine toute proche. Pour cela il faut attendre la livraison des chaises et des tables commandées voilà trois semaines. Alors, les enfants de l'ikastola déjeuneront avec les enfants des autres écoles, accompagnés de leur ATSEM. Ils parleront en basque, en français, ils sont les enfants d'une même commune et apprendront à vivre avec leurs différences et leurs ressemblances.

A partir de janvier 2015, dix enfants seront scolarisés à l'ikastola, de Briscous, d'Urt, et d'Ayherre.

 

 

Ikastolak ez hunki !

 

            Ne touchez pas aux ikastolas ! C’est l’inscription que porte la banderole de tête, derrière les joaldunak, les sonnailles, qui ouvrent le cortège le long de la baie de Saint Jean de Luz, radieuse, en ce samedi 8 novembre. Il s’agit de défendre non seulement l’existence de l’ikastola de Ciboure, mais toutes les ikastolas dont l’existence est toujours précaire en dépit de quelques acquis non négligeables, autrement dit l’existence de l’euskara, car l’enseignement est, aujourd’hui, le plus sûr rempart au déclin de la langue basque. Le maire de Ciboure empêtré dans un conflit compliqué avec les parents et la directrice de l’ikastola, après avoir décidé des pénalités financières (100 €, puis 400 € par jour) vient de procéder à une coupure d’électricité pour le local scolaire, pénalisant ainsi les treize petits écoliers, en cette rentrée de congés. La réponse est  massive, quelque 5 000 enfants, jeunes, adultes, de tout le Pays Basque (du Nord et du Sud, ceux que le maire appelle « les Espagnols ») ont marché, crié, chanté, dansé jusqu’au collège Piarres Larzabal de Socoa. La voix des responsables et des manifestants sera-t-elle rapidement entendue par le maire pour une solution acceptable et digne ? On ne peut que le souhaiter par respect pour les enfants de l’ikastola, pour leurs parents et pour la langue basque.  

 

Mixel Oronos 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cette page
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :