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Défense des Droits de l'Homme au Pays Basque

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Décembre 2014/03 - Chronique judiciaire (2)

Neuvième demande de libération rejetée!

 

Dans un numéro précédent Jakilea avait rappelé les faits concernant le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, notamment les conditions obscures de sa condamnation à perpétuité. Yves Bonnet, patron de la DST à l'époque, témoigne du rôle inadmissible de la France sur toute la ligne dans cette affaire et demande la libération de G I Abdallah. (lire son interview du 7 01 2012 dans la Depêche).

Le verdict est tombé ce 5 novembre 2014: la nouvelle demande de libération est rejetée!

Georges est pourtant libérable depuis 1999! Incarcéré en France depuis le 24 octobre 1984, il vient d'entamer sa 31ème année de détention!

C'était une énième demande de libération, la neuvième, d'un des plus vieux prisonniers politiques de France avec plus de 30 ans d'emprisonnement. Pourtant on a pu penser que la huitième allait être la bonne puisqu'il ne manquait plus que l'accord du ministre de l'intérieur, Manuel Valls à l'époque, qui finalement s' était opposé à l'expulsion de Georges Abdallah vers le Liban. Avait-il cédé au "non" des USA?

En 2014 on trouve toujours le même blocage révoltant, inadmissible à cause du "non" des USA qui se sont depuis le début portés partie civile. "Les Américains s'opposent et s'opposeront toujours à cette libération conditionnelle" dit leur avocat. G I Abdallah est donc l'objet d'une insistance judiciaire sous pression étrangère sans précédent. Bel exemple de raison d'Etat!

Pourtant le Liban, son pays, a demandé sa libération et accepte de l'accueillir depuis 2012.

"Je suis un combattant, pas un criminel" dit Georges Abdallah qui reste incarcéré à la Centrale de Lannemezan (65).

Son avocat Maitre Chalanset va faire appel.

 

Anne-Marie Michaud

 

****

 

 

Ibon Fernandez Iradi : colère et incompréhension !

 

Le 30 octobre, la Cour d’Appel de Paris a ajourné au 28 mars 2015 le délibéré sur la suspension de peine du prisonnier politique basque, Ibon Fernandez Iradi, en demandant une autre expertise médicale. Cette décision a provoqué un sentiment de colère chez beaucoup de gens au Pays basque et au de-là, ainsi qu'une grande inquiétude sur les conséquences qui pourraient émaner de cette décision. L'incompréhension prévaut sur les raisons de cette demande de nouvelle expertise médicale, alors que deux autres expertises ont été présentées depuis la demande de remise en liberté faite par Ibon Fernandez il y a un an et demi.  L'inquiétude est d’autant plus grande que le délai pour faire ces analyses est de cinq mois, une période de temps conséquente si l’on tient compte de la maladie grave et dégénérative dont souffre Ibon. C’est précisément l’argument qu’avait mis en avant le délibéré du jugement précédent qui soulignait l’incompatibilité de la maladie du prisonnier avec sa situation de maintien en prison. Comment comprendre donc cette décision de renvoyer à 5 mois le prochain délibéré ?

La remise en liberté d'Ibon Fernandez Iradi via la mesure de suspension de peine est aux yeux de plus en plus d'observateurs une mesure qui s'impose, pour de simples raisons humanitaires et médicales. Mais également parce que telle est la volonté d'une grande partie de la population du Pays basque attachée à voir le processus de paix évoluer de façon dynamique et constructive. En libérant par exemple les prisonniers gravement malades, parmi lesquels se trouve Ibon Fernandez Iradi.

Pour soutenir Ibon, n'hésitez pas à lui écrire ; Ibon Fernandez Iradi (écrou 2226) Centre pénitentiaire de Lannemezan, rue des Saligues - BP 166 - 65307 LANNEMEZAN CEDEX.

 

HARRERA, la solidarité active !

 

Voilà maintenant deux ans que HARRERA a vu le jour en Pays basque nord. Structure née des suites de la Conférence d'Aiete, HARRERA a pour objet social l'aide à l'insertion des prisonniers-e-s et exil-e-s basques, dans le cadre du processus de résolution du conflit. Soutien et accompagnement dans la recherche de logement, de travail et/ou de formation professionnelle, dans l'accès aux soins ou à la régularisation administrative. Le travail ne manque pas aux bénévoles de HARRERA. Cette action reconnue par les pouvoirs publics et par nombre d'acteurs du champ social du Pays basque nord a donné lieu ces derniers mois à la signature de convention de partenariat avec ATHERBEA, principal centre d'aide aux personnes en difficultés du Pays basque nord, ainsi qu'avec le PACT-HD, organisme d'aide par l'accès au logement des personnes en difficulté sociale. HARRERA a vu son action d'autant plus légitimée que le 24 octobre, le « Groupe de dialogue dans le Pays Basque de France », composé d'élu-e-s de tous bords de l'échiquier politique du Pays basque nord, a rendu public un document dans lequel il invitait le gouvernement français à être partie prenante de la résolution du conflit. Et parmi les mesures attendues ; « l'élaboration par les institutions publiques d'un plan de réinsertion sociale des prisonniers (aide à l'emploi, logement, accès à un revenu de retraite...) ». Oui, l'aide à l'insertion des personnes ayant connu la prison ou l'exil des suites de leur implication dans le conflit ayant cours au Pays basque, est un élément central de la résolution du conflit. C'est pourquoi, dans l'attente de la nécessaire implication des pouvoirs publics dans ce champ d'action, HARRERA et ses partenaires agissent avec détermination. Une action qui nécessite des aides et un soutien du plus grand nombre. Pour ceux-celles qui le peuvent et le veulent, merci d'adresser vos chèques de soutien libellés à l'ordre de HARRERA à l'adresse suivante : HARRERA, 17 rue Pontrique, 64100 BAYONNE. (Un reçu fiscal vous sera envoyé en retour)

 

Gabi Mouesca

 

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