Défense des Droits de l'Homme au Pays Basque
Génération autonomistes basques,
documentaire de Sylvie Garat
De 1973 à 1998, pendant près de 30 ans, c'est toute une génération d'hommes et de femmes qui ont milité au sein de l'organisation séparatiste basque Iparretarrak. Face à l'exode des jeunes, au chômage, à l'abandon de la langue basque, à la spéculation immobilière, le mouvement autonomiste a voulu mettre l'Etat français et les notables du Pays basque au pied du mur. Tout en se livrant à des attentats, IK cherchait une solution politique pour la reconnaissance du Pays basque basée sur l'autonomie. Dans ce documentaire, pour la première fois, des militants témoignent à visage découvert et racontent cette aventure collective.
Sylvie Garat est actuellement journaliste à FR3 Méditerranée. Elle est déjà connue et appréciée ici pour avoir été co-auteur et co-réalisatrice avec Arthur Mac Caig du documentaire « Terreur d'Etat au Pays Basque » (2000) qui dénonçait le GAL et ses implications françaises. « Ce travail de mémoire m'intéresse, d'autant plus que rien n'avait encore été fait concernant Iparretarrak. C'est un regard sur l'histoire de mon pays, car je suis née à Souraide. Mais c'est aussi une volonté de transmission pour les jeunes générations » nous dit-elle.
Une version un peu plus longue, sous-titrée en basque, est en train de se finaliser et sera diffusée, et un DVD va sortir bientôt.
Réaction d'une téléspectatrice
En tant que simple citoyenne, j'ai regardé avec attention le documentaire Génération autonomistes basques que j'ai trouvé fort intéressant à plus d'un titre.
Enfin il y avait une mise en mots, en paroles, sur des périodes de la vie en Pays Basque si longtemps restées sous silence. Ayant vécu ces événements durant lesquels il ne fallait pas parler, le silence de plomb pesait sur nos épaules, c'était insupportable, angoissant, la peur était présente partout.
En voyant ce documentaire, j'ai ressenti comme un apaisement. Enfin il y avait des mots qui étaient posés sur des événements douloureux qui ont constitué notre histoire, et il y aura une trace.
Les témoignages m'ont plu par leur authenticité pour certains. Cette prise de parole je l'ai ressentie comme importante pour les membres de l'organisation. Le silence a ses limites, mais la parole n'est pas facile à prendre, il faut trouver les mots.
J'ai trouvé le documentaire bien construit, avec un fil conducteur, une progression dans la conscience politique des membres. Des pertes parmi les militants, des actions réussies, d'autres non. Il est certain que cette période a marqué les esprits dans le sens où on peut ne retenir que la violence, les vies perdues, mais il est incontestable qu'aujourd'hui, quarante ans plus tard, on n'est plus dans le même contexte ni le même état d'esprit, et cela a peut-être permis une avancée dans la prise de conscience de tout un chacun de ce que le pouvoir veut faire de notre pays.
La parole non seulement libère, mais aussi fait place à la mise en mots de tout un pan de l'histoire, et laisse une trace. Autant que cette histoire soit dite et écrite par les protagonistes et non par des personnes « d'ailleurs ».
Le fait d'avoir diffusé le documentaire sur FR3 était une bonne initiative. Ainsi les gens, quels qu'ils soient, ont pu le regarder chez eux, dans leur intimité. Mais cette diffusion apportait aussi une ouverture pour tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'histoire de notre pays.
Maité Landart